linda maria baros

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recul

sur un trottoir écorché en même temps que
     la distance parcourue
par tes pas qui consomment ce que les livres appellent
ton âme les petits visages dans lesquels tu as
     enveloppé
le corps que tu as laissé derrière toi

la photographie que tu n'arrêtes pas de développer
une suite d'images ce trop-plein de caresses
les corps s'illuminaient les uns les autres
& dans cette foule ton visage te couvrait
jusqu'au dernier centimètre

la nuit déclenche le flash noir
chaque nuance se retire en-deçà
en-deçà des paupières tu te retournes les plantes
     des pieds
les bras le dos les paumes raidies
puis détendues.
Razvan Tupa
Né en 1975 à Braila, en Roumanie, il a débuté en 2001 avec le recueil de poèmes fétiche qui s'est vu décerner ex æquo le Grand Prix National du Premier Recueil. Une deuxième édition du livre a été publiée à Bucarest sous le titre fétiche - un livre roumain du plaisir. En 2005 paraît son second recueil, intitulé corps roumains.

Depuis 2005, il organise chaque semaine dans l'un des plus branchés bars bucarestois, Club A, les poétiques du quotidien, suite de rencontres et de lectures littéraires.

Il est le rédacteur en chef de la revue d'actualité Cuvântul (Le Mot).
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zoom
(Roumanie)
*

je ne veux pas te convaincre
c’est toi qui me convaincs que ce regard
où gît le monde n’est qu’explosion
les lumières de la ville déferlent soudainement dans l’inflorescence de la pupille
les cheveux jaillissent progressivement dans les dérapages des réflecteurs
& il n’y a personne tu ne penses qu’à
tes doigts qui ne lâcheront pas prise
tes doigts ne lâcheront pas prise, habitués au silence


· poème tiré du tract ZOOM - ROUMANIE, j'aime la poésie, projet initié en 2006 par Linda Maria Baros, Salon du Livre, Paris, 2007
· poème publié dans le Dossier de poésie contemporaine - Neuf poètes roumains, traduit par Linda Maria Baros, in VERSUs/m n° 2, 2006
· voir aussi le poème publié en espagnol dans le dossier Treize poètes roumains contemporaines (26 p.), traduit par Linda Maria Baros et Isabel Miguel, in Alora, la bien cercada n° 23, Espagne, 2006

traduction © Linda Maria Baros